lundi 23 juillet 2012

Tout dort dans la maison

Tout dort dans la maison, sauf le chat, le soleil et les mouches
Mon rituel de thé, le gâteau citron, qui s’effarouche ?
Les enfants dorment, un cheval hennit dans le vaste pré sous la montagne
Le chien au jardin frôle la rosée, ma pensée l’accompagne

Je songe à cet ami, des siècles ont passé, je n’ai plus de nouvelles
Peut-être est-il mort, ou dort – il encore dans les bras d’une belle ?
Je regarde mon enfance qui court dans la vallée, au tombeau de ma mère
Au torrent qui m’attend, claquant dans les rochers sa route dans les pierres

Je pense à ce roman, là, que je n’ai pas su lire
J’imagine l’histoire que je n’ai pu écrire
Les papiers sont rangés, dans l’armoire fermée
Le chat est mon greffier et veille sur ce passé

Je songe à cette marche, à la longue escalade, à cette cordée
Je n’ai pas de refuge, pas de chaussures aux pieds, je suis mon prisonnier
Tout ce peuple dort encore, le village est-il mort et les voisins muets
Suis-je devenu sourd, je n’entends dans la cour, pas un arbre trembler ?

Je regarde cette fille qui était si jolie, a-t-elle su le rester ?
Moi j’étais écolier, à l’école de l’ennui, j’étais très appliqué
Je tiens mon demi-siècle, mon front s’est dépeuplé, j’ai si peu de mémoire
Quelque chose à vibré dans la chambre fermée où tu es dans le noir

J’aurais cette promesse, sur ta parole offerte, ta première caresse
J’irais à ton baiser, la petite fontaine, matin réconcilié
Tu t’es levé si tôt, me diras tu avec dedans ta voix un soupçon de reproche
Tu crains que le matin, je ne me sauve enfin, comme le ferait un mioche

J’oublierai mes pensées, les mouches et le passé, les livres et mon enfance
Sera glissée discrète sous la mousse secrète de ton oreiller
Je ferai ma chanson, j’irai à mon ouvrage et je resterai sage
Nous irons au marché, nous lirons le journal, tu tourneras les pages
Je songe à la journée, je nous verse du thé, et j’y lis les présages…

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