samedi 23 février 2013

atrabilaire



Je n’entends plus rien, je ne vous lis plus, j’ai froid,
La neige me cible jusqu’au vertige
L’insomnie me découpe pas à pas
Le chien me conduit, sa gueule guide ma main
Vers des chemins herbeux, boueux et glacés
Il se peut que plus rien ne parvienne à me reposer
Il se peut que depuis longtemps je ne dorme plus
Ni n’éprouve rien qui ressemble au désir, à l’enfance
Je n’ai aucune envie de vous rencontrer, ni de partir, ni de rester
Aucune littérature, ni séminaire, ni soliloque, ni colloque
L’herbe a séché sous la neige
Rien n’est audible
Ni le cri urbain, ni la petite mort rurale
Vide est le visage des peintures
Creux le ventre de la sculpture
Morte la voix de la chanteuse crisse sous le sillon où cogne un saphir usé
Les insectes attendent
Tout est calomnie
La pureté est calomnie
Le parfum est calomnie
Ton nombril une insulte
Il ne pleuvra plus
Le pied bute sur un caillou colérique
Il me ramène à la maison le chien
Dans votre joie absurde, vos bavardages incessants
Vos commérages ensanglantés de scandales
Dans le grand fauteuil calme et sombre
Je ferai semblant de dormir
Pour ne plus vous entendre
Dans cette interminable fin du Monde

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