dimanche 19 mai 2013

Contempler


De vaines anicroches, palinodies de nos vies pâles
L’incertain fuit, mais je contemple cette étoile
La fleur de mon courage
Est peur en métamorphose
Plus je vieillis, plus je m’allège du poids des roses
Ce ne sont que des enfantillages
Je laisse ici mon bagage
Je pars à pied, sandales ouvertes au pré mouillé

Le chien trace des lignes droites avec sa joie dans l’herbe haute
Il rit,
Le nuage s’écrase sur les arbres verts de la colline
S’enfuit,
Je passe à travers torrents et ravines
Je vis
J’abandonne dans les pierres mon sac de de fautes
J’écris
Et je fauche mes rêves et ce blé de remords
Je m’achève en riant dans ce vaste décor
Je dis

Être debout marcher dans les cailloux
Surtout, ne rien posséder !
Monter sur le sommet, aimer cette vallée
Contempler la ville des hommes
Le désordre des agités
De si peu d’exploits faire la somme
La ligne bleue de l’hiver à l’été
Une fois encore, je suis passé
Mais je n’ai rien signé d’utile
La colère même fut futile

Je n’ai pas le cœur maussade
J’aime que vieillissent les choses,
Que s’effondrent les certitudes,
Je plains le propriétaire
Obligé de bâtir des barrières
De compter sans cesse ce qu’il va perdre

J’aime que les maisons vieillissent et se lézardent
Elles en savent long sur nos colères et nos médisances
Elles nous voient nus et ridicules endormis à nos tables
Elles protègent notre fugitive enfance et l’innocence
Elles protègent et la mort tarde

Et puis, nous allons marcher dans la campagne après la pluie
Nous réfugier près de la rivière maternelle
Boire le lait de nos récits mélangés, dire que la nature est belle
Que nous aimons nos amis et la vie,
Juste parce qu’il reste un espace pour que cela soit dit

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