vendredi 9 août 2013

Orage



Ô joie de la pluie salvatrice qui encercle la nuit !
Voici l’orage, tout tremble ici !
Roulent les tambours dans la vallée
Le grand orchestre descend ses trombes de cordes drues
Les chênes ploient, oiseaux disparus, fourrures au terrier
Les chats et les chiens se collent avec prudence dans la chambre sombre
Ils prient en silence
Ils font nombre
Dieu dans sa colère nous aveugle de flashs, il nous photographie
Prêt à fondre les impudents dans le décor
Il tient les preuves, il exagère !
L’armée surnaturelle lâche sa grêle en salves furieuses
Tout l’air est électrique
Même la montagne assise se tient malheureuse
Petite fille dans ses guenilles déconfite
Tout est défait
Les fleurs des jardins, les fruits gisent en sang, l’herbe écrasée dans la boue
Tout se met dans la peinture sinistre d’un fou
Dieu s’est trompé, il enrage, il l’avoue
Il aurait voulu autrement, il est déçu, à genoux
Magistrale sa colère fait petits tous les hommes
Et les femmes assises dans leur lit
La flamme tremblante à la bougie
Chacun réduit dans sa géographie, dans ses espoirs, dans son destin
Humble dans sa petite vie
Chacun admire cette colère comme une œuvre formidable
La preuve phénoménale
Cette symphonie de l’ultime, où Monde est cathédrale
Qui prie encore dans sa peur enfantine ?
Ce n’est pas l’enfant, c’est bien l’homme
Et pour sa punition
Le spectacle funeste passé
Demain matin
Au premier café
Regardera sa maison, relèvera les planches
Soignera les plantes, guidera les bêtes
Prononcera le nom de l’être aimé
Et s’en inquiètera
Avec délicatesse
L’homme mettra sa colère dans un sac
Il reconstruira, parce qu’il faut reconstruire
Parce que le soleil claque

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire