samedi 3 mai 2014

Il suffit



Il suffit d’un bouton d’or au pré pour que revienne mon enfance au goût de beurre
Soleil sur l’herbe verte
Tu m’éblouis !

Plus j’avance en âge
Plus je m’enrichis de ne rien posséder
Je n’ose pas encore, par manque de courage
Jeter mes livres les plus précieux à la vaste mer

Je les relis en moi,
Enserré dans une chambre étroite
Je bois leur lait, accroché à la mamelle blanche d’un oreiller de coton
Mon cœur bat et vibre à l’unisson
Aventures d’orphelins jetés à l’Océan, pionniers d’un nouveau Monde

Un jour peut-être quitterais-je mon amour, les enfants et les bêtes
Je rejoindrai la petite maison blanche, dressée sur la falaise
La maison de pêcheur à la seule fenêtre, pièce unique, murs peints à la chaux
Il n’y aura qu’une table de bois, un rien bancale
Un tabouret
Un lit
Un cahier
Un crayon

Et tout commencera

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